Le Hajj et la Omra : règles et pratique

Voyages à la Mecque. Com vous décrit les différentes étapes qui accompagnent ce cinquième pilier de l’islam.

Au nom de dieu le clément le miséricordieux

L’accomplissement du pèlerinage, Hajj, est une institution divine prescrite durant la sixième année de l’hégire.

« Et à Dieu le devoir sur les êtres d’accomplir le pèlerinage de la demeure, pour quiconque en a les moyens. Quant à celui qui se rend ingrat, Dieu est certes au-delà des mondes. » Coran, sourate 3, verset 97.

Elle constitue le cinquième pilier de l’Islam, selon plusieurs traditions (hadiths) prophétique.

« L’Islam, c’est l’attestation de foi qu’il n’y a rien de divin que Dieu et que Mohamed est un messager de Dieu, d’accomplir la prière, de s’acquitter de l’aumône purificatrice, de jeûner le mois de Ramadan et d’effectuer le pèlerinage à la demeure pour celui qui en a les moyens. » Hadith de l’Ange Gabriel selon Omar Ibn Al Khattab, d’après l’Imam Al Bokhari et Muslim.

Conditions de validité du pèlerinage :

Etre accompli par un musulman,
Etre accompli par un être responsable, (pubère et sain d’esprit)
Qu’il soit accompli durant la sacralité temporelle des mois de Chawal, Dhou al Qi’da et Dhou al Hijja. Ce sont les trois derniers mois du calendrier hégirien.

En effet le pèlerinage ne peut s’accomplir qu’en un temps bien défini et en un lieu précis. C’est pourquoi la sacralité spatiale et temporelle sont des conditions sine qua non pour la validité du pèlerinage.

Les piliers du pèlerinage :

Al ihram (la sacralisation)
Attawaf (la circumambulation)
Assa’y (la procession)
Al woqof bi ’Arafat (le stationnement)

 

Pratique du pèlerinage :

Après tous les préparatifs de purification le pèlerin débutera par le tawaff de ’omra, alqodom, pour ceux qui accomplissent le tamatou’. Il effectuera la circumambulation autour du sanctuaire de sept tours après lesquels il effectuera deux génuflexions à l’emplacement d’Abraham sur Lui La Paix. Il ira ensuite s’abreuver d’eau du puits de Zam-zam, pour revenir vers le sanctuaire, le saluer et se diriger vers Safa et Marwa. Il y accomplira le parcours en débutant à Safa et terminer son parcours à Marwa. Après quoi le pèlerin devra diminuer de sa chevelure ou se raser la tête, ce dernier, pour les hommes uniquement. Ici la ’omra est terminée ; le pèlerin pourra reprendre alors son rythme de vie comme auparavant. Au huitième jour de dhou al hijja, le pèlerin devra se sacraliser à nouveau de son hôtel. Après le lever du soleil il ira vers Mina, où il y passe la nuit, la talbiya est recommandée durant tout son séjour à Mina, (labayka allahouma labayk, labayka lâ charîka laka labayk, inna alhamda oi anni’mata laka oi al moulk lâ charîka laka labayk ; je me voue à Toi oh mon Dieu à Toi je me voue, j’aspire à Toi oh point d’associé à Toi, la louange et le bienfait sont à Toi ainsi que la royauté, point d’associé à Toi). Au lendemain il se dirige vers le mont Arafat ou il priera le dohr et açr à l’heure du dohr, il y restera jusqu’au coucher du soleil révolu sans pour autant y prier le maghreb, coucher du soleil et, le ’icha, le soir. Il accomplira ces deux prières en soirée à Mouzdallifat et y passera la nuit. Au matin, après la prière de fajr, l’aube, il invoque Dieu à la station de Al Mach’ar al Haram, l’emplacement consacré et, il se dirige alors vers Mina en rassemblant des petits cailloux pour y effectuer le ramye al jamarat, jet de cailloux. Arrivé à Mina, il jette sept cailloux à jamarat al ’aqaba, la pierre de la montée, (la grande), en disant chaque fois Au nom de Dieu, Dieu est Grand, bismi llah Allahou akbar. Ceci se fait entre le levé du jour, dhouha, et la prière de dohr. Ce jour est, alors, le jour de l’aïd, la fête du sacrifice.

Les rites du jour du sacrifice :

  1. Jet des sept premiers cailloux avant la prière de dohr,
  2. Immolation de la bête, sacrifice,
  3. Se couper les cheveux ou se raser la tête,
  4. Accomplir le tawaff autour de la Ka’ba, sanctuaire.

L’ordre, dans lequel se pratiquent ces différents rites, est purement facultatif. Après ceci, le pèlerin est en état de désacralisation, tahaloul, une fois que les trois premiers rites son accomplis. Le onzième jour, le pèlerin devra passer sa nuit à Mina, ainsi que pour le jour qui suit. Les jours de tachriq, ce sont les trois jours qui suivent la fête du sacrifice, 11ième, 12ième et 13ième. Ce sont des jours durant lesquels le pèlerin jettera les cailloux, en commençant par sept pour la petite pierre, sept pour la moyenne et sept pour la grande ; soit vingt et un cailloux pour le 11 et 21 pour le 12ième jour. Le 13ème jour est totalement facultatif. Rappelons que le jet de cailloux durant les jours de tachriq s’accomplit depuis la prière de dohr jusqu’au coucher du soleil. De retour à La Mecque, le pèlerin accomplira le tawaff al wada’, d’adieu, après quoi il quitte La Mecque. Ainsi le pèlerinage se termine dans son rituel. Il est cependant recommandé de visiter la tombe du Prophète sur Lui et Sa famille La paix et Le Salut, à Ses cotés Abu Bakr et Omar que Dieu leur accorde miséricorde, en Sa mosquée, al masjid an-nabawi, y accomplir la prière dans la rawda ach-charifa, espace se trouvant entre la tombe prophétique et la chaire ; visiter Al bakie’, cimetière de Médine où se trouve certains compagnons que Dieu les agrées, ainsi que l’Imam Ja’afar Sadiq, sur Lui La Paix, l’Imam Malik, que Dieu l’agrée et d’autres personnes saintes. Visiter la mosquée Qoba ainsi que la montagne Ohod, où y est enterré Hamza, oncle du Prophète, sur Lui La Paix. D’autres lieux seront intéressant d’être visité afin d’y voir les traces pieuses de nos pieux ancêtres, les Imams. Et n’omettons pas de rappeler que le sens premier du pèlerinage est de retrouver la splendeur et la fraîcheur de la spiritualité. Le Coran rappelle l’objectif de cette adoration : « Et prenez vos moyens de subsistance, le meilleur des moyens est la piété. Et craignez-Moi, oh ! vous, dotés de raisons ». Sourate 2, verset 197. Le maître Sadek Charaf, sainteté et paix sur son âme, analysait ce verset en parlant d’une triade :

– le stade de attaquaroub, le rapprochement,
– le stade de atta’alouk, le rattachement,
– le stade de attadhawouk, la saveur, le sentiment.

Je rappelle que chacun des piliers du pèlerinage est un symbole d’une commémoration historique, sa spiritualité est intense à la fois par le respect de la règle, ainsi que par la présence du coeur. Cette rigueur est une dimension de profondeur qui permet d’acquérir une intensité spirituelle et un sens. Toutes les invocations peuvent être dites dans le langage de tout un chacun, c’est la langue du cœur qui est la plus importante. Cependant, ces rites permettent à la foi de s’éprouver et de se dynamiser. Le prophète Mohamed sur Lui et Sa famille La Paix disait :

« Les actes valent par leur intention. » Hadith rapporté par Omar, que Dieu l’agrée, selon l’Imam Bukhari et l’Imam Muslim.